Hexagone MMA : portrait de l'organisation leader du MMA français
Poitiers, 29 mars 2025. Dans les coulisses d'une salle vibrant sous les clameurs de plusieurs milliers de spectateurs, un homme attend. Wilson Varela, surnomme "The Prototype", ferme les yeux. Trois mois plus tôt, il a connu la défaite face à Salahdine Parnasse au KSW, et le doute l'a effleure au point d'envisager de raccrocher ses gants. Ce soir, pourtant, il monte dans la cage d'Hexagone MMA pour un combat qui va durer moins de deux minutes. Une soumission par etranglement en triangle, et la ceinture des poids légers ceint sa taille. Le public rugit. L'organisation qui a rendu ce moment possible — Hexagone MMA — incarne depuis sa création en 2021 l'ambition d'un pays tout entier : faire de la France une terre majeure du MMA professionnel.
Comment une organisation née quelques mois après la legalisation du MMA en France a-t-elle réussi à rassembler les meilleurs talents nationaux, remplir les plus grandes salles du pays et diffuser ses événements dans plus de 150 pays ? L'histoire d'Hexagone MMA est celle d'une aventure entrepreneuriale, sportive et culturelle qui mérite d'être racontée.
Les origines : là où tout commence
Pour comprendre la naissance d'Hexagone MMA, il faut remonter à une date fondatrice : janvier 2020. Après des années de débats passionnés, la ministre des Sports Roxana Maracineanu officialise la legalisation des compétitions de MMA sur le territoire français. La Fédération Française de Boxe reçoit la délégation pour structurer la discipline, donnant naissance à la FMMAF (Federation de MMA Française). Le cadre réglementaire est posé. Les promoteurs peuvent enfin organiser des événements en toute legalite.
C'est dans ce contexte que Jérôme et Laurent Pourrut, deux frères entrepreneurs passionnés d'arts martiaux, fondent Hexagone MMA en juillet 2021. Leur vision est claire dès le départ : créer la première organisation professionnelle de MMA a envergure nationale, capable de rivaliser avec les ligues européennes établies et de servir de tremplin vers les plus grandes scènes mondiales. Le nom même — Hexagone — est un manifeste. Il s'agit de porter les couleurs de la France, de ses combattants, de ses territoires.
Le pari est audacieux. En 2021, la France compte déjà des pratiquants de MMA talentueux, mais la plupart d'entre eux doivent s'expatrier pour combattre a un niveau professionnel sérieux. Le KSW en Pologne, le Bellator aux États-Unis, l'UFC à travers le monde — les opportunités existent, mais elles sont lointaines. Les frères Pourrut veulent offrir une alternative crédible sur le sol français, avec une production televisuelle de qualité, des règles strictes et un engagement envers la sécurité des athlètes.
La découverte : premiers pas sur la scène nationale
Le 9 juillet 2021, Hexagone MMA organise son tout premier événement. Le lieu choisi n'est pas anodin : la Paris La Défense Arena a Nanterre, la plus grande salle couverte d'Europe avec une capacité pouvant atteindre 40 000 places. C'est un signal fort. Là où d'autres promotions auraient commence dans une salle municipale, Hexagone MMA vise immédiatement le sommet. Le message est limpide : le MMA français mérite les plus grandes scènes.
Ce premier événement rassemble dix combats professionnels et attire l'attention des médias spécialisés. Les combattants français, habitués à se produire à l'étranger, découvrent qu'une plateforme sérieuse existe désormais chez eux. La production est soignée, les règlements respectent scrupuleusement les Unified Rules of Mixed Martial Arts, et l'ambiance rappelle ce que les fans français ne connaissaient jusqu'ici qu'à travers leurs écrans — les grandes soirées du KSW, du Bellator ou de l'UFC.
Les premiers mois sont ceux de l'apprentissage. Les frères Pourrut peaufinent leur format : environ dix combats par soirée, un combat principal de championnat, un mélange judicieux de talents confirmés et de prospects émergents, et un focus systématique sur les combattants locaux de chaque région visitée. Car la tournée nationale est au cœur du modèle Hexagone MMA. L'organisation ne se contente pas de Paris — elle va à la rencontre de son public, de Toulouse à Bordeaux, de Nantes a Nice, de Poitiers a Reims.
L'ascension : de l'ombre à la lumière
La croissance d'Hexagone MMA entre 2021 et 2026 est remarquable par sa constance. En janvier 2026, l'organisation a tenu 39 événements et supervise environ 267 combats. Avec un rythme de 15 à 20 événements par saison, l'agenda est dense, et la géographie s'élargit au-delà des frontières nationales : Dubai, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et la Hongrie ont accueilli des cartes Hexagone MMA.
Deux partenariats stratégiques ont joué un rôle majeur dans cette ascension. Le premier est celui avec RMC Sport, la chaîne de référence des sports de combat en France. Depuis 2023, et de manière étendue à partir de 2024, RMC Sport diffuse en direct et en exclusivite les événements Hexagone MMA en prime time. Douze cartes par saison sont ainsi accessibles à un large public français, avec des prelims disponibles sur les plateformes numériques.
Le second partenariat, annonce en janvier 2025, est celui avec DAZN, la plateforme mondiale de streaming sportif. En un seul accord, Hexagone MMA passe d'une visibilité essentiellement française a une diffusion dans plus de 150 pays. C'est un tournant historique pour le MMA français : pour la première fois, une organisation hexagonale peut être suivie en direct depuis Tokyo, Sao Paulo ou Sydney. Les combattants français n'ont plus besoin de s'expatrier pour être vus par le monde entier.
En janvier 2025, Winamax devient le sponsor principal de l'organisation, confirmant l'attractivité commerciale d'Hexagone MMA auprès des grandes marques. Le modèle économique se consolide : billetterie des grandes salles, droits de diffusion, sponsoring et merchandising forment un écosystème viable qui permet de remunerer les athlètes et d'investir dans la qualité de production.
Le moment clé : les éditions qui ont forgé la légende
Parmi les 39 événements organisés, certains se distinguent par leur intensité, leur affluence ou la portée de leurs combats principaux. Hexagone MMA 1, à la Paris La Défense Arena, reste le symbole fondateur — la soirée ou le MMA professionnel français a prouvé qu'il pouvait exister à grande échelle sur son propre sol.
Hexagone MMA 25, à Poitiers en mars 2025, est un autre jalon. C'est ce soir-là que Wilson Varela a décroché la ceinture des poids légers face à Nicolae Bivol par soumission au premier round. Ce combat illustre parfaitement ce qu'Hexagone MMA sait faire : raconter une histoire. Varela, revenu du doute après sa défaite contre Parnasse au KSW en décembre 2024, incarne la résilience. Bivol, combattant moldave en pleine ascension, représentait un défi sérieux. La soumission par etranglement en triangle en moins de deux minutes a offert un moment de sport pur — celui où la détermination l'emporte sur l'adversité.
L'édition de Toulouse au Palais des sports en juin 2024 a marqué un autre tournant : salle comble, ambiance électrique, et la confirmation que le MMA pouvait attirer un public familial et diversifie bien au-delà des cercles de fans traditionnels. Fort de ce succès, Hexagone MMA a programmé un retour au Zénith Toulouse Métropole pour septembre 2025, dans une salle encore plus grande.
La saison 2024-2025 a vu l'organisation déployer un calendrier ambitieux avec des dates à Paris (Zénith, janvier 2025), Nantes (février 2025), Nice (mars 2025), Poitiers (mars 2025), et une première incursion à Manchester en avril 2025. La carte de Bordeaux à l'Arkea Arena en mai 2025 complète un parcours qui couvre véritablement l'ensemble du territoire — et au-delà.
Le style : ce qui rend Hexagone MMA unique
Qu'est-ce qui distingue Hexagone MMA des autres organisations européennes de MMA ? Plusieurs éléments définissent son identité.
D'abord, l'ancrage territorial. Chaque événement est conçu comme une célébration locale. Quand Hexagone MMA se déplace à Bordeaux, la carte met en avant des combattants du Sud-Ouest. À Nantes, ce sont les talents de l'Ouest qui montent dans la cage. Cette approche régionale crée un lien émotionnel fort entre le public et les athlètes, et permet à des combattants qui n'auraient jamais eu de visibilité nationale de se produire devant des milliers de spectateurs dans leur ville d'origine.
Ensuite, la qualité de production. Les événements Hexagone MMA sont filmes avec une réalisation televisuelle de haut niveau, des commentaires professionnels et une mise en scène qui respecte le sport tout en le rendant spectaculaire. Le passage en prime time sur RMC Sport a imposé des standards élevés que l'organisation a su atteindre et maintenir.
L'engagement envers la sécurité des athlètes mérite également d'être souligné. Les combats standards se déroulent en trois rounds de cinq minutes, les championnats en cinq rounds, et l'ensemble suit les Unified Rules of Mixed Martial Arts. Un staff médical complet est présent à chaque événement, et l'organisation collabore étroitement avec la FMMAF pour garantir le respect du cadre réglementaire français.
Enfin, Hexagone MMA fonctionne comme un véritable tremplin. Plusieurs de ses combattants ont été recrutes par des organisations majeures comme l'UFC ou le KSW après s'être distingues sous la banniere hexagonale. C'est peut-être la sa plus grande réussite : prouver qu'un parcours professionnel complet peut commencer et se développer en France, avant de s'ouvrir au monde.
Les combattants qui ont écrit l'histoire
Une organisation vaut par ses athlètes, et Hexagone MMA a su rassembler un roster impressionnant au fil de ses éditions.
Wilson Varela, surnomme "The Prototype", est l'un des visages emblématiques de la promotion. Ne au Cap-Vert le 3 août 1995, ce combattant de 1,82 m pour 70 kg à d'abord brillé dans le kickboxing professionnel avec plus de 30 combats avant de se tourner vers le MMA. Entraîne au Marseille Fight Club sous la direction de Jeremy Payan, Varela affiche un record de 12 victoires, 6 défaites et 1 nul, avec un taux de finish de 80 % — 5 victoires par KO et 4 par soumission. Son titre de champion des poids légers Hexagone MMA, conquis en mars 2025, reste l'un des moments forts de l'histoire de la promotion.
Prince Aounallah détient la ceinture des poids lourds, apportant à la division reine une présence physique et un charisme qui attirent les caméras. Matthieu Letho Duclos, champion des poids moyens, représente la régularité et la technique au plus haut niveau. Anthony Dizy, ceinture des poids plumes, incarne quant à lui la nouvelle génération de finishers français. Chacun de ces champions porte une histoire différente, un style distinct, mais tous partagent un point commun : c'est sur la scène Hexagone MMA qu'ils ont atteint leur apogée nationale.
Au-delà des champions en titre, Hexagone MMA a accueilli des noms qui résonnent dans tout l'écosystème du MMA français. Des combattants qui sont passes par ses cartes ont ensuite rejoint le KSW, le PFL ou même l'UFC, confirmant le rôle de tremplin que joue la promotion. L'édition 39, en janvier 2026, a même vu Ilian Bouafia — invaincu et star montante d'Ares FC — faire ses débuts sous la banniere Hexagone, illustrant la capacité de l'organisation à attirer les meilleurs talents du pays.
L'écosystème du MMA français : Hexagone MMA et ses pairs
Hexagone MMA n'évolue pas en vase clos. Le paysage du MMA professionnel français comprend plusieurs organisations qui, chacune à leur manière, contribuent à la vitalité de la discipline. Ares FC, basée à Lyon et connue pour ses formats innovants et ses ambiances de stade, a su se tailler une place de choix avec des combattants comme Ilian Bouafia. Le 100% Fight, pionnier historique du MMA en France, a posé les fondations bien avant la legalisation.
Mais Hexagone MMA se distingue par l'ampleur de son déploiement national et international. Avec ses partenariats RMC Sport et DAZN, son calendrier de 15 à 20 événements par saison et sa présence dans les plus grandes salles du pays, l'organisation occupe une position unique dans l'écosystème. Elle n'est pas en concurrence frontale avec les autres promotions — elle constitue plutôt le sommet de la pyramide nationale, le niveau ou les champions régionaux viennent tester leur talent face aux meilleurs du pays.
La FMMAF, qui revendique environ 70 000 licenciés repartis dans plus de 400 clubs, fournit le socle amateur sur lequel tout l'édifice repose. Sans ces clubs de quartier, ces coachs passionnés et ces jeunes pratiquants qui s'entraînent chaque soir après le travail où l'école, il n'y aurait pas de Wilson Varela, pas de Prince Aounallah, pas d'Hexagone MMA. L'organisation professionnelle et la base amateur se nourrissent mutuellement dans un cercle vertueux que la legalisation de 2020 a rendu possible.
Aujourd'hui et demain : l'ambition européenne
En 2026, Hexagone MMA entre dans une phase nouvelle de son développement. L'organisation a annoncé un tournoi inédit en France — un format qui promet de renouveler l'intérêt des fans et d'offrir aux combattants un cadre de compétition encore plus stimulant. L'Hexagone MMA 43, programme au Zénith de Paris en avril 2026, s'annonce comme l'un des événements phares de la saison, avec un tournoi dote de 100 000 euros.
L'expansion européenne se poursuit methodiquement. Après Dubai, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et la Hongrie, Manchester a accueilli un événement en avril 2025. L'objectif des frères Pourrut est clair : construire une base nationale solide tout en s'implantant durablement sur le marché européen. A terme, Hexagone MMA pourrait devenir le pont entre le MMA amateur français et les plus grandes organisations mondiales — un écosystème complet ou un jeune combattant peut progresser de son club local jusqu'à la scène internationale sans jamais quitter la structure.
La prochaine étape logique pourrait être la création d'une federation autonome du MMA en France, un projet évoque pour 2026 ou 2027 par les instances sportives nationales. Si ce projet aboutit, Hexagone MMA serait naturellement positionne comme l'un des interlocuteurs privilégiés de cette nouvelle federation — un partenaire qui a prouvé, en cinq ans d'existence, que le MMA professionnel français peut être ambitieux, structure et respectueux de ses athlètes.
Ce que l'histoire d'Hexagone MMA raconte du combat
L'histoire d'Hexagone MMA est, au fond, celle d'un pari collectif. Deux frères qui croient en un sport. Des combattants qui acceptent de monter dans la cage devant leur public. Des fans qui remplissent les Zénith et les Arenas. Des diffuseurs qui misent sur une discipline encore jeune dans le paysage médiatique français.
En cinq ans, cette organisation a contribué à changer le regard de la France sur le MMA. Le sport n'est plus une curiosité importee ou une discipline controversée — c'est un spectacle sportif structure, reglemente, diffuse en prime time et suivi par des centaines de milliers de personnes. Quand Wilson Varela levé sa ceinture à Poitiers, quand le Zénith de Toulouse vibre sous les clameurs, quand un jeune combattant de Nantes monte dans la cage d'Hexagone MMA pour la première fois devant sa ville — ce sont autant de preuves que le pari a été tenu.
Le chemin est encore long. Le MMA français n'en est qu'à ses débuts par rapport aux traditions établies aux États-Unis, au Brésil ou au Japon. Mais si l'on observe la trajectoire d'Hexagone MMA — de la Défense Arena en 2021 a la diffusion mondiale en 2025, de dix combats dans une salle a un écosystème complet traversant l'Europe — il est difficile de ne pas ressentir une forme d'admiration pour le travail accompli. L'avenir du MMA français s'écrit aujourd'hui, événement après événement, combat après combat, dans les cages d'Hexagone MMA.
Sources
- Hexagone MMA — site officiel
- Hexagone MMA — Wikipedia
- Wilson Varela : palmarès MMA — Cage MMA
- Hexagone MMA en direct — RMC Sport
- FMMAF — Federation de MMA Française
Articles connexes
- Ilian Bouafia : portrait d'un invaincu Ares FC
- Le MMA en France : état des lieux
- Les nouveaux visages du MMA français